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SERIE PEINTURES GAUDI- Oil paintings and Technique mixte: sable, colle, pigments

INTRODUCTION

Barcelone : Les « vermuts » du samedi matin dans l’atelier près de La Sagrada Familia. Souvenirs de ma jeunesse. Lorsqu’on a vécu près de 23 ans dans une ville métropolitaine, avec un port de mer et un courant artistique « à cent à l’heure » ,

c’est difficile de ne pas avoir une envie créatrice. Lorsque j’habitais Barcelone et que je bougeais au milieu de tant d’art, je ne me rendais pas compte de l’importance que cela aurait plus tard dans mes envies artistiques. A l’école où j’ai fait mes

études à Barcelone, j’avais un professeur de travaux manuels et dessin qui était aussi peintre, Monsieur Timoteo Bermejo. Très tôt, il dit à mes parents que j’avais des facilités pour le dessin, et j’ai alors suivi des cours parascolaires de dessin avec lui.

Pendant mes années barcelonaises, je continuais à dessiner et parfois à peindre. A l’époque j’avais fait beaucoup de dessins de la Sagrada Familia de l’architecte Antoní Gaudí, car j’avais presque toute ma famille paternelle qui habitait à cinquante mètres du Temple.

Le début de cette passion * pour l’architecture de Gaudí, a commencé assez tôt, lorsque j’allais chez mes grands-parents. Mon grand-père avait un atelier de forge à deux pas du Sanctuaire. Je l’ai vu travailler à la fragua ( forge ) et sortir le fer au

rouge vif du charbon incandescent, et après le frapper avec un immense marteau sur le yunque ( enclume ). Peu à peu et à l’aide d’un peu de soudure, tous ces fers prenaient des formes très bizarres mais agréables à la vue.

De son atelier sont sortis beaucoup de fers forgés pour des balustrades et fenêtres de la Sagrada Familia.

*Passion = J’ai voulu changer ce mot, car il me semblait un peu fort, mais en regardant le dictionnaire j’ai lu : La passion : ce qui, de la sensibilité, de l’enthousiasme de l’artiste, passe dans l’oeuvre. (Petit Robert,pag.1373 -7)

J’aimais beaucoup aller chez mon grand-père, surtout le samedi où je passais la matinée dans l’atelier à regarder travailler les ouvriers. Avant la fermeture pour le congé de fin semaine, mon grand-père offrait toujours le « vermut » dans son bureau, une pièce avec tout le mobilier en fer et vitrée des deux cotés : l’un donnant sur l’entrée de la rue Cartagena, et l’autre sur l’atelier qui allait jusqu’à la rue Castillejos. Le vermut (vermouth en français), ce n’était pas seulement le nom de la boisson, mais aussi le moment où des amis se réunissaient pour prendre un verre avec des tapas (amuse-bouches) et parler de la semaine et des projets pour le congé. En somme, une petite réunion d’amis. C’est un des bons souvenirs de l’enfance. Mon père et mon oncle était aussi des artistes du fer, même si ensuite chacun a pris des routes différentes, tout en gardant cependant le don de réussir manuellement tout.

ETUDE SUR L'OEUVRE DE GAUDÍ

Pour cette série, j’ai utilisé les croquis et photos que j’avais pris. D abord, je les ai peint à l’huile sur toile, mais cela manquait de mystère et de force. Lors d’un autre voyage à Barcelone, j’ai bien observé les cheminées de La Pedrera, et j’ai « compris » que pour mieux ressentir le poids de la pierre, il fallait y mettre de la matière. Je suis allé sur la plage de la ville, et j’ai ramassé du sable. Dès mon retour, j’ai ajouté le sable aux tableaux. Mais après quelques temps, la toile s’étant distendue, le sable tombait. Après quelques essais, en 1996, j’ai mis au point une technique sur support rigide. ( à l’épreuve des bombes ! ! ) En 1996, en parlant de l’architecture d’Antoní Gaudí avec un collègue de travail, celui-ci m’a présenté Eliseu Oriol, grand connaisseur de la vie et l oeuvre de l’architecte, et aussi excellent photographe. Celui-ci m’a montré des vues insolites de certaines oeuvres de Gaudí et ensemble nous avons exposé nos créations.Je pense que ce que Eliseu et moi ressentions pour cette oeuvre allait au-delà d'une histoire de nationalisme catalan. Je crois que l’art en général n’a pas de frontière, mais également que le sentiment régional ne doit pas disparaître. Lorsque je vois une oeuvre de Gaudí, j’imagine le forgeron dans son atelier, tous les artisans qui ont participé à ses expériences,ou les bourgeois de l’époque qui financèrent les projets à Barcelone,cette ville de mer qui, grâce à l’industrie textile et au commerce, s'est convertit rapidement en une capitale très importante, ouverte d’esprit, avant-gardiste par son originalité et sa nouveauté

Technique mixte: sable, colle, pigments...Lorsque je mélange ces trois matières et que peu à peu le tout commence à prendre forme sur le support, c’est comme si je m’auto transportais au sommet de Barcelone. C’est peut-être pour cette raison que je peints souvent La Pedrera. De sa terrasse, il y a une vue unique sur le centre de la ville, et aussi sur la mer Méditerranée jusqu’à la montagne d’El Tibidabo ou des rivières Besos al Llobregat.

Cette matière « sable-colle-pigment » possède une grande souplesse d’expression. Elle est capable d’exprimer aussi bien l’aspect lisse et sensuel de la pierre que l’aspect tourmenté d’un ciel nuageux. Tout dépend de la manière dont on l’applique : très gestuellement, elle va couvrir le support d’une manière moins régulière et avec des pleins et des vides, ou plus lisse, comme pour rendre l’aspect uniforme, elle me permet de donner des reliefs et des formes plus près de la réalité.






























100x100cm

80x80cm

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cycle 1995/2000